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cyclo-rando

Mes deux passions : montagne et vélo. récits de mes treks, de mes randonnées en montagne, en raquettes, et des mes balades cyclotouristes.

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Lornay (74) - Bonnieux (84) 378 km 5140 m D+

Le week-end de l'Ascension approche. Comme tous les ans, j'ai retenu un gîte d'étape pour passer ces quelques jours avec l'Union Cycliste des Bauges. Cette année, c'est à Bonnieux (84) dans le Lubéron que nous nous retrouverons pour pédaler.

Depuis plusieurs semaines, j'envisageai me rendre sur place en vélo, histoire de pimenter un peu ces vacances. J'ai depuis longtemps tracé mon parcours qui me permettrait d'arriver sur place en 2 jours, soit 380 km. Ma préparation n'a pas été optimale avec une météo d'avril très médiocre (j'ai seulement 750km !) et le temps annoncé pour ces 2 jours me laisse perplexe : soleil mardi et pluie soutenue pour mercredi. J'ai beau interroger plusieurs sources météo en espérant un meilleur présage pour mercredi...que néni ! elles sont toutes à l'unisson : pluie soutenue mercredi !

Je retourne dans tous les sens les pour et contre, je décide tout de même de m'engager dans l'aventure, trop peur de regretter. D'ordinaire, je pars avec très peu de bagages (short - tee shirt - sandales) qui tiennent dans mes 2 sacoches, l'une au guidon et l'autre sous la selle. Là, je suis contraint de prendre mon sac à dos. Ce n'est pas la solution idéale en vélo mais je suis obligé pour y mettre pantalons - pull - chaussures - K-way.

Mardi 29 avril 203 km 2570 m D+
Départ de la maison à 7h30 avec 9°C. La matinée se fait essentiellement sur un parcours plat : Lornay - Chanaz - Yenne - St Genix/Guiers - Les Abrets - Lac de Paladru - Rives - Tullins - L'Albenc. Je fais ma première halte dans une boulangerie aux Abrets (km 70) où j'ingurgite 2 excellents pains aux amandes. A l'Albenc, la boulangerie n'est pas très fournie et je trouve seulement une part de pizza. ça fera quand même l'affaire, couplée d'un paquet de biscuits (pas très équilibré tout ça !). Je mange un peu en retrait de la route et j'en profite pour faire une bonne sieste d'1/2 heure. J'ai déjà effectué 110 km à la moyenne honorable de 28km/h.
Le plus dur reste à faire, car maintenant, c'est la montée sur le plateau du Vercors par le col de Romeyere (1070m) que je redoute. En effet, j'y suis déjà passé lors d'un précédent périple et je l'avais trouvé particulièrement difficile, passant de 220m d'altitude à 1070m en 13 km.
J'arrive donc à St Gervais, village situé au pied de ce col peu fréquenté et là...patatra ! ROUTE BARREE
Je m'approche du panneau sur lequel un arrêté municipal mentionne que la route est coupée suite à l'éboulement du 20 avril (9 jours plus tôt !). Je questionne 2 retraités qui me confirment que les voitures ne peuvent pas passer, par contre ils ne savent pas pour les vélos. Je n'ai pas du tout envie de monter là-haut et devoir rebrousser chemin au sommet ! J'hésite et fini par tenter le coup, me disant qu'il doit bien être possible de porter le vélo. Dès les premiers lacets, j'aperçois un cycliste qui me suit. Il ne tarde pas à me doubler et je dois dire que ça me rassure : lui connaît sûrement la situation. Déjà 8 km avalés dans ce col, et voilà le cycliste qui redescend en me signalant que ça ne passe pas juste après la cascade ! Aïe aïe aïe, je poursuis quand même. Effectivement, de gros blocs de rochers mélangés à des arbres recouvrent la route sur 200 mètres. Je porte le vélo et repars aussitôt en espérant que 'le ciel ne me tombe pas dessus '! Je me sens bien seul dans ce col déserté. 3km plus haut, j'arrive à un tunnel. L'ancienne route qui contourne en corniche le tunnel est réservée aux cyclistes. Je l'emprunte, mais très vite, elle aussi est coupée. En fait, l'éboulement plus bas provient de là ! je fais donc demi-tour et m'engage dans le tunnel étroit et sans lumière. Rapidement, je me retrouve dans l'obscurité complète : je ne vois plus l'entrée du tunnel ni la sortie. je progresse à tatons...effets garantis ! L'idée que l'autre extémité du tunnel soit murée ou neutralisée me traverse l'esprit un instant, ce qui m'obligerait à tout redescendre. Heureusement il n'en est rien et je redécouvre avec soulagement la lumière.
Il me reste encore 2 km avant le sommet du col. Avec tous ces évènements, je ne me suis pas vraiment rendu compte des difficultés et je l'ai finalement mieux passé que la première fois. La descente sur Rencurel me soulage les jambes mais il faut remonter sur St julien en Vercors et traverser le long plateau jusqu'à Rousset. J'ai plus de difficultés à avancer dans ce faux plat montant que dans le véritable col du Rousset (1254m). Je prends quand même le temps de m'arrêter devant une stèle en hommage aux blessés du maquis exécutés par les nazis.
Les 21 km de descente du col du Rousset pour rejoindre Die sont du pur bonheur et j'arrive enfin à mon étape en 203 km et 8h15 de pédalage, soit 24.6 km/h de moyenne pour 2570 m D+.



Mercredi 30 avril 69 km 775 m D+
Après une bonne nuit passée à l'hôtel face à la gare de Die, le ciel bleu d'hier soir a fait place à un ciel gris. La route est déjà humide. Je pars tout de suite après le petit déjeuner, il est 8h20 et j'enfile déjà mon K-Way en prévention. Je prends la grande route jusqu'à Pontaix et je la quitte pour m'enfiler dans les gorges de la Roanne que je connais également pour y être passé 5 ans plus tôt. Seulement 15 km d'effectués et la pluie arrive. Les gorges qui m'avaient parues si belles n'ont pas le même effet sous la pluie battante. La route est quasi déserte et les rares automobilistes qui me croisent doivent me prendre pour un fou ! J'arrive à St Nazaire le Désert, joli village où j'avais mangé sous le platane de la place. Aujourd'hui, pas question de m'y attarder et je poursuis plein Sud vers les montagnes Drômoises qui sont masquées par un voile de pluie qui s'abat de plus en plus fort.
J'atteinds le col de pré Guittard (914m) avec une température de 6°C. La descente sur Rémuzat me paralyse de froid, j'ai les genoux violets et je ne profite pas de la beauté du paysage. Rémuzat est le dernier 'gros' village avant longtemps, et j'en profite pour faire quelques courses à la superette, dans l'intention de manger et repartir, mais le froid et la pluie ont raison de moi et je me résouds à déjeûner à l'hôtel-restaurant. Je tremblote pendant 1 heure ne parvenant pas à me rechauffer. Dehors, il pleut de plus belle. J'ai fait seulement 69 km. Il m'en reste 110 km. Dans ces conditions, je ne profite pas du voyage et je me dis qu'il est possible de poursuivre demain matin, d'autant plus que le beau temps sera de retour, l'important étant d'être à Bonnieux demain midi. 
J'opte donc pour une chambre. Une douche très chaude me fait le plus grand bien ainsi qu'une sieste. A 16h00 la pluie cesse enfin et fait vite place à un peu de ciel bleu. Je pars donc me dégourdir les jambes sous le rocher du Caire, imposante falaise qui domine la vallée et où ont été introduit en 1996 des vautours. Il sont maintenant 180 à voler le long de cette falaise. 

Jeudi 01 mai 106 km  1795 m D+
Le petit déjeûner est servi à partir de 8h00. Impossible pour moi d'attendre si tard, je dois partir le plus tôt possible pour rejoindre les autres à Bonnieux à midi. Je n'ai pas de téléphone et je ne suis pas joignable. A 6H00, la patrone de l'hôtel a la gentillesse de venir m'ouvrir le local où est entreposé mon vélo et je pars aussitôt. Le jour se lève seulement, l'humidité d'hier est encore présente, il fait 4°C. J'attaque d'entrée le col de Soubeyrand  (994m) et ses 8 km avec dans l'estomac les 3/4 d'un paquet de 'Petit Prince'. Dans la montée, je ne souffre pas du froid, il fait pourtant maintenant 2°C et le brouillard cède sa place à un ciel bleu. A l'hôtel, on m'avait prévenu que le col serait dur, en fait, il est plus facile que je ne le pensais, mais je monte doucement à 11 km/h. 
La descente à l'ombre me gèle un peu les doigts et je traverse St Sauveur Gouvernet, petit village perdu avant de prendre le col très roulant de Peyruergue (825m). je suis dans le pays de l'abricot. La suite se fait sans problème en passant par St Auban s/ l'Ouveze - Col d'Aulan (845m) - Montbrun les Bains où j'ai déjà séjourné 2 fois auparavant pour des circuits vélo - Sault et enfin la descente sur Apt et les 12 derniers kilomètres de faux plat montant pour arriver à Bonnieux.
Il est 11h30 et me voilà à destination. Flo et Martine sont déjà là, ainsi que Daniel et Michèle. Les autres membres de l'UC Bauges ne tardent pas à arriver et le week-end peut commencer
!
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