Mes deux passions : montagne et vélo. récits de mes treks, de mes randonnées en montagne, en raquettes, et des mes balades cyclotouristes.
1 Juin 2008
J1 : Le Pont (1960m) - Refuge Victor-Emmanuel II (2720m) Dénivelée : 900m
J2 : Refuge Victor-Emmanuel II - Col de Montcorvé (3850m) Dénivelée : 1150m
Depuis quelques semaines, Olivier et son collègue Didier, tous deux parapentistes, avaient projeté de voler du sommet du Grand Paradis (4061m). Leur joli projet n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd et nous sommes cinq, Mumu, Philippe, Jérôme, Paul et moi, à « postuler » pour les accompagner.
Nous nous retrouvons donc tous à 8h00 au péage d’Annecy malgré la météo plus que médiocre qui est annoncée pour le week-end. Il nous faudra 2h30 de trajet via le tunnel du Mont-Blanc pour nous rendre à Pont (1960m), petit village au terminus de la belle vallée du Valsavarenche. Nous sommes accueillis par un troupeau de bouquetins pas farouches du tout.
A 11h15, nous commençons notre progression en direction du refuge Victor-Emmanuel II qui se trouve 750m plus haut. Le chemin longe un court instant le fond de vallée avant de monter à gauche dans une forêt de mélèzes où l’on voit de nombreux bouquetins et chamois. C’est un très joli sentier, souvent en pavés, qui s’élève en lacets. Très vite on quitte le bois et la vue sur la vallée est de plus en plus belle. Il nous faut 2 heures pour atteindre le refuge (2720m), mais juste avant, nous décidons de manger. Ainsi, si la pluie s’invitait, nous serions tout près !
Le refuge est un grand bâtiment sur 3 niveaux au toit arrondi recouvert de tôles. Il peut accueillir 130 personnes. Il est très propre avec des WC nickels, une grande salle de restaurant et des petites chambres pour 4 personnes.
Nous buvons une mousse ou deux, puis à 16h00, Mumu et moi décidons d’aller crapahuter une moraine 150m au-dessus du refuge pendant que les autres se prélassent tranquillement. La neige, absente jusqu’au refuge, est bien présente au-delà. On comprend qu’il faudra chausser les raquettes dès le départ demain matin. Au sommet de la moraine, Mumu est pris d’une envie pressante et au même moment, dans un vacarme assourdissant, une grosse avalanche se détache juste en face de nous. Elle fait bien 500m de large sur autant de hauteur. C’est la première que je vois et c’est un spectacle garanti. Mumu, lui est un des rares à pouvoir se vanter de pouvoir déclencher une avalanche en poussant fort depuis son trône !!!
Nous redescendons au refuge où nous sommes maintenant une quarantaine et à 19h00, nous avalons le dîner avant l’extinction des feux à 21h00 : dur dur la vie en monastère !
Réveil à 2h45 pour le petit déjeuner. La veille au soir, nous avions prévu de laisser partir quelques groupes afin d’éviter de se fatiguer à faire la trace (pas folle la guêpe !) d’autant plus qu’on ne connaît pas l’itinéraire. Pourtant, personne ne semble pressé de partir, et ce n’est qu’à 4h15 qu’on emboîte le pas sur d’autres groupes. Il ne fait pas froid. Le spectacle des lumières des frontales qui jalonnent la montagne est toujours un moment fort pour moi. Dès le début de la marche, nous nous retrouvons, Olivier, Jérôme, Didier et moi. Les autres ont pris un peu de retard. Nous hésitons à les attendre, mais préférons poursuivre pour éviter de casser le rythme et de se refroidir. A 5h00, on éteint les lampes. Les nuages accrochent toutes les cimes, le soleil ne sera pas le la partie aujourd’hui.
La pente n’est pas très sévère, nous doublons quelques groupes qui sont à l’arrêt avant qu’elle se redresse. Seul un skieur rando est devant moi. Il progresse en zig-zag tandis que je monte « droit dans le pentu ». Au sommet, la pente se radoucit mais le vent est présent et la température baisse sensiblement. Nous sommes à 3300m. Petite pause pour mettre une couche de vêtement supplémentaire avant une jolie côte à 35°-40°. Comme tout à l’heure, je m’engage droit dans la pente, pas une trace devant moi, c’est le pied. Jérôme me suit. La montée est éprouvante mais nous arrivons au sommet à 3600m, bientôt rejoints par Didier. Olivier qui a failli un instant faire demi-tour à cause du froid arrive à son tour suivi par Paul et Philippe que nous n’avions pas revu depuis le départ. Mumu quant à lui a rebroussé chemin au pied de la côte, sans doute la nuit blanche qu’il a passée y est pour quelque chose.
Hélas, un brouillard épais qui arrive rapidement ne nous permet plus de distinguer le sol du ciel. Olivier et Philippe décident d’arrêter à 3700m, tout comme 3 skieurs italiens que nous avons rejoint. Nous hésitons longuement à poursuivre : « et si ça se levait ! Si on attendait un peu ! ». Finalement, nous prenons le pas de trois skieurs français qui nous mènent jusqu’au col de Montcorvé à 3850m. Deux timides éclaircies de 10 secondes chacune nous permettent d’apercevoir le sommet qui n’est pas très loin, mais ce sera pour une prochaine fois.
A 8h30, nous faisons demi-tour. Aujourd’hui, personne ne gravira le sommet du Grand Paradis. La neige se transforme de plus en plus au fil de la descente. Contrairement à la montée, il y a maintenant des traces partout. En 2h15 nous atteignons le refuge où le reste de l’équipe nous attend. On refait les sacs et on repart pour 1h30 de descente jusqu’à la voiture, tout ça sans une goutte de pluie…ouf !











